Le 9 février 2026, Cashmere, une jument de 27 ans qui coulait une retraite paisible depuis 2016 aux côtés de sa sœur dont elle était inséparable, a été envoyée illégalement à l'abattoir Viande Nature Jura (Equevillon) par la gérante de « La Ferme de la Centauresse » à Aromas, pension où elle résidait. Cet acte a été commis unilatéralement pour solder un litige financier, en dehors de toute procédure légale de recouvrement.
Devant les forces de l'ordre, la gérante a finalement avoué son méfait, et l'abattoir a reconnu avoir pris en charge l’animal sans jamais vérifier l’identité de sa propriétaire légitime. Malgré la gravité des faits — abus de confiance, cruauté, dissimulation et fraude —, l’affaire vient d’être classée sans suite par la justice.
Un scandaleux vide juridique
Si l'enquête judiciaire se heurte à une impasse, c'est aussi parce que notre droit souffre d'une faille majeure au niveau de l'abattage. Actuellement, la loi impose aux abattoirs de vérifier la concordance entre les documents d’identité de l’équidé, sa puce électronique et le fichier central SIRE (Système d’Information Relatif aux Équidés).
Cependant, l'abattoir ne dispose pas des autorisations légales nécessaires pour vérifier si le déposant de l'animal est bien son propriétaire réel, alors même que l'identité du propriétaire est inscrite dans la base de données. N'importe quel tiers peut ainsi amener un cheval à la mort sans que le propriétaire n'en soit jamais informé.
Nous pensons par ailleurs qu’il serait temps de questionner le statut du cheval en tant que possible animal de boucherie, au regard des évolutions sociétales sur le sujet - moins de 5% des français en consomment encore aujourd’hui.
Mesdames et Messieurs les Député.e.s, vous disposez du pouvoir de protéger les chevaux retraités en modernisant les procédures de contrôle et en les adaptant au regard du triste précédent que nous venons de documenter.




